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"Le climat social actuel et futur est perçu par les experts-comptables et les chefs d’entreprise comme défavorable aux affaires"


Analyse du baromètre économique de l’Ordre des experts-comptables – Paris – Ile-de-France par son président André-Paul Bahuon

Les résultats du Baromètre économique de l’Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France ont été récemment annoncés. André-Paul Bahuon, Président de l’Ordre, confirme que " le climat social actuel et à venir est perçu comme défavorable aux affaires pour cette troisième édition du baromètre ".

Ce pessimisme rejoint le niveau de juin/juillet 2005.

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Un décalage de perception existe cependant entre les experts-comptables et les chefs d'entreprises. Il s'explique en partie par la vision à long terme des experts-comptables, d'une part, et par la globalisation de l'acuité au regard de leur activité, d'autre part.

Le système français apparaît à bout de souffle, puisque experts-comptables et chefs d'entreprise se déclarent favorables au système dit de " fléxicurité " en France (respectivement 90,4% et 81% de favorables). " Les bénéfices de la " flexicurité " pour l'emploi et l'entreprise sont clairement affirmés ", souligne André-Paul Bahuon.

Au final, si globalement les experts-comptables et les chefs d'entreprise ont la même vision des évolutions à conduire en matière sociale, leur opinion est en revanche contrastée quant aux mesures concrètes qui doivent être proposées pour la sécurité des salariés perdant, ou bénéficiant d'un nouvel emploi.

Enfin, peu d'experts-comptables et de chefs d'entreprise ont connaissance des négociations sur les AT/MP. " Les mesures d'incitation à la prévention (aide financière) ont la faveur des chefs d'entreprise qui rejettent toute idée d'augmentation des taux de cotisation " indique Janin Audas, Président de la Commission Entreprises de l'Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France.


Partie I : L'entreprise

  • Emploi : les prévisions optimistes ralentissent

Pour cette troisième édition du baromètre, les experts-comptables (72%) et les chefs d'entreprise (80,6%) interrogés sont plus nombreux à prévoir un maintien des effectifs salariés. En revanche, la tendance à l'augmentation des effectifs n'est pas confirmée, puisque seulement 11,8% des experts-comptables (contre 21,7% en octobre/novembre 2005) et 13,8% des chefs d'entreprise (contre 15,3% en octobre/novembre 2005) prévoient une augmentation des effectifs salariés. Les événements sociaux intervenus depuis octobre/novembre 2005 se ressentent sur les prévisions concernant l'emploi.

  • Trésorerie : des avis partagés

Les experts-comptables sont plus nombreux à prévoir une dégradation de la trésorerie de leurs entreprises clientes (39,4% contre 37,6% en octobre/novembre 2005), alors que les chefs d'entreprise confirment le maintien de leur trésorerie (73,7%) au cours du semestre à venir.

En matière de délais de paiement clients, là encore, si la majorité des experts-comptables (52,6%) prévoient un maintien de ces derniers, 43,6% d'entre eux (contre 39,1% en octobre/novembre 2005) pensent que les délais de paiement des clients vont se dégrader au cours du semestre à venir, alors que dans le même temps, les chefs d'entreprise sont nettement plus nombreux à prévoir un maintien des délais de paiement des clients (77,8% contre 70,8% en octobre/novembre 2005).

" S'il existe une différence de perception entre experts-comptables et chefs d'entreprise, elle se doit d'être marginalisée, évoque André-Paul Bahuon. En effet, la situation des délais de paiement est en soit " catastrophique " ".

  • Salaires : peu d'augmentation prévue des rémunérations des salariés

Les experts-comptables et les chefs d'entreprise ne prévoient pas d'augmentation des rémunérations des salariés au cours du semestre à venir (respectivement 63,9% contre 54,2% en octobre/novembre 2005, et 74,8% contre 65,4%).

A l'inverse, les augmentations volontaires seront plus fréquentes dans le secteur de la construction (34,1% des chefs d'entreprise ayant répondu "Oui, plutôt volontairement").

  • Un niveau de confiance dans la situation économique très différent

Alors que les experts-comptables sont légèrement plus nombreux à se déclarer pessimistes au regard de la situation économique des entreprises (61,5% contre 59,7% en octobre/novembre 2005), les trois quarts des chefs d'entreprise se déclarent confiants (75,3% contre 71,2% en octobre/novembre 2005).

Toutefois, on notera que près d'un chef d'entreprise sur deux (46,9%) dans le secteur du commerce se déclare pessimiste au regard de la situation économique de ce secteur.

" En résumé, indique André-Paul Bahuon,c'est une période de troubles que l'environnement politique actuel ne pourrait résoudre. "


Partie II : La perception de la situation économique et sociale

  • Le personnel en adéquation avec les besoins des entreprises

Plus d'un expert-comptable sur deux (50,7%) estime que le personnel adapté aux besoins de ses entreprises clientes est insuffisant (contre 42,4% en octobre/novembre 2005, soit 8,3 points de plus), tandis que les chefs d'entreprise sont nettement plus nombreux à juger qu'il est en adéquation (58,5%), au moment même où le Gouvernement a annoncé, dans une optique d'immigration " choisie " de n'ouvrir son marché du travail aux huit Etats de l'Est de l'Union européenne que dans sept secteurs d'activité et 61 métiers, en manque de main d'oeuvre.

" Les résultats des chefs d'entreprise tendent à montrer que la problématique des entreprises doit être davantage associée à des dispositions de sécurisation de l'activité économique que de sécurisation du social ", souligne André-Paul Bahuon.

D'autre part, la perception des experts-comptables et des chefs d'entreprise s'est inversée par rapport au précédent baromètre.

  • La tendance à l'embauche de personnel qualifié se confirme

Si les chefs d'entreprise trouvaient du personnel qualifié, ils auraient tendance à embaucher, comme l'affirment de plus en plus d'experts-comptables (59% contre 53,8% en octobre/novembre 2005). En revanche, les chefs d'entreprise restent majoritairement pessimistes (62,1% déclarent qu'ils n'embaucheraient pas).


Partie III : Questions d'actualité

Une perception favorable du système dit de " fléxicurité " pour la France

" Experts-comptables et chefs d'entreprise se déclarent favorables à la mise en place d'un système de " fléxicurité " en France ", c'est le constat fait à la suite de l'enquête par André-Paul Bahuon.

On notera que les plus nombreux à approuver la " fléxicurité " sont les chefs d'entreprise du secteur des services (84,2%).

" Ce concept est perçu comme bon pour les entreprises, pour l'emploi, et dans une moindre mesure pour les salariés, par la grande majorité des experts-comptables et des chefs d'entreprise ", souligne André-Paul Bahuon.

Parmi ceux qui jugent que le système de " fléxicurité " ne devrait pas être mis en oeuvre en France (9,6% des experts-comptables et 19% des chefs d'entreprise), la grande majorité des experts-comptables et des chefs d'entreprise (57,5% des experts-comptables et 61,4% des chefs d'entreprise) estime que le système actuel à la française (CNE, CDI, CDD,...) est bon pour les salariés.

Par ailleurs, plus d'un sur deux estime qu'il est bon pour les entreprises (55,1% des experts-comptables et 54,1% des chefs d'entreprise), mais la majorité estime que le système actuel n'est pas bon pour l'emploi, notamment les chefs d'entreprise (56,9% de " non ", contre 50,7% pour les experts-comptables).

  • Sécurité des salariés par rapport à l'emploi : des perceptions hétérogènes

Le point de vue des experts-comptables et des chefs d'entreprise pour assurer la sécurité des salariés perdant leur emploi est différent. En effet, les premiers estiment que la meilleure solution serait l'obligation d'accepter un emploi proposé en adéquation avec les aptitudes du salarié, et avec compensation temporaire du différentiel éventuel de ressources (69,2%). Les chefs d'entreprise se déclarent, quant à eux, favorables à des actions de reconversion et de formation adaptées (63,6%) et à l'assistance personnalisée à la recherche d'un nouvel emploi (62,8%).

De la même manière, la majorité des experts-comptables estiment que l'abaissement du coût du travail permettrait d'assurer une meilleure sécurité aux salariés bénéficiant d'un nouvel emploi (65,5%).

  • Négociation sur les AT/MP : un sujet peu connu, et des opinions opposées quant aux mesures incitatives pour la prévention

La grande majorité des experts-comptables et des chefs d'entreprise interrogés n'a pas connaissance des travaux des partenaires sociaux sur le sujet des accidents du travail et des maladies professionnelles, mais les experts-comptables sont légèrement plus nombreux à déclarer connaître le sujet (12,5% contre 8,9% pour les chefs d'entreprise).

Enfin, alors que la majorité des experts-comptables estime qu'une augmentation significative du taux de cotisation inciterait les entreprises à faire plus d'efforts de prévention en matière d'AT/MP (72,2%), les chefs d'entreprise plaident, à l'inverse, en faveur d'une aide financière (71,3%), plus particulièrement les chefs d'entreprise du secteur de la construction (83%). " Cependant, indique André-Paul Bahuon, les experts-comptables ne se posent pas en moralisateurs, mais plus en " proposants " face aux situations qu'ils rencontrent sur le terrain. "

 

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