Une situation économique et sociale peu influencée par les élections
" La campagne électorale semble n'avoir qu'une incidence limitée sur l'opinion des chefs d'entreprise et des experts-comptables face à la conjoncture ", souligne André-Paul Bahuon, Président de l'Ordre des experts-comptables région Paris Ile-de-France. Ainsi, leur niveau de confiance dans la situation économique reste stable (77% et 52% sont confiants contre 78% et 54% en novembre dernier). Il en est de même en ce qui concerne le climat social : sur un an, l'opinion positive des chefs d'entreprise passe de 13% à 37% et celle des experts-comptables de 6% à 22%.
Tous les indicateurs du baromètre convergent. Les prévisions d'emploi des uns et des autres se situent respectivement à 15% et 16%. Pour la trésorerie, plus de 60% des chefs d'entreprise et des experts comptables estiment qu'elle se maintiendra à son niveau actuel, les chefs d'entreprise constatant même une amélioration significative (26% contre 19% en novembre 2006). Il en est de même pour les délais de paiement. Si les experts-comptables n'enregistrent pas d'évolution sensible, le pourcentage de chefs d'entreprise qui anticipaient une dégradation régresse de 12 points.
Enfin, en ce qui concerne les augmentations de salaire, les chefs d'entreprise comme les experts-comptable sont très réservés. La tendance est identique même si le niveau est différent. Le pourcentage de chefs d'entreprise qui n'envisagent pas d'augmentation passe de 69% à 88%, et de 44% à 52% pour les experts-comptables. " Des réponses qui montrent, selon Janin Audas, Vice-Président en charge du baromètre, que ce corps social semble attendre les mesures du futur gouvernement pour prendre des décisions en la matière ".
Des attentes importantes tant au plan économique que social
" Malgré ces chiffres positifs, André-Paul Bahuon remarque que, près de 60% des chefs d'entreprise (59%) et des experts-comptables (57%) estiment que la question du développement des PME est insuffisamment présente dans le débat présidentiel ".
Pour les chefs d'entreprise comme pour les experts-comptables, toutes les mesures en faveur des entreprises sont intéressantes à mettre en œuvre sur le principe. Ainsi, la réserve d'une part des marchés publics aux PME, qui a d'ailleurs été partiellement mise en place par Monsieur Renaud Dutreil, la suspension temporaire des seuils sociaux ou l'exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires pour les nouvelles entreprises recueillent plus de 80% d'opinions favorables des chefs d'entreprise et des experts-comptables.
Lorsque l'on aborde des questions fiscales plus techniques, les écarts d'opinion sont plus importants. Scepticisme des experts-comptables pour le taux d'impôt réduit pour les entreprises qui réinvestissent, l'augmentation du SMIC à 1 500 euros, la suppression du CNE, ou encore les modulations des allégements de charge en fonction des évolutions des grilles salariales ou la nature du contrat de travail. Inversement, les chefs d'entreprise plébiscitent les mesures pouvant avoir des effets immédiats, comme la possibilité de créer deux nouveaux emplois sans charge, de mixer les statuts d'entrepreneur et de travailleur indépendant, ou encore les exonérations de charges sur les bas salaires.
" Sur les questions économiques et sociales, les chefs d'entreprise comme les experts-comptables ne montrent pas de clivages idéologiques. Pour eux l'amélioration de la situation de l'entreprise prime ", indique André-Paul Bahuon. C'est sans doute la raison pour laquelle ils apprécient toutes les mesures qu'ils jugent utiles, quelle qu'en soit l'origine politique.
Partie I : L'entreprise
Après un regain d'optimisme à l'automne 2006, les experts-comptables sont moins nombreux à prévoir une augmentation des effectifs salariés de leurs entreprises clientes (16% contre 20% en octobre/novembre 2006), alors que les chefs d'entreprise anticipent des embauches (15% contre 10%, soit 5 points de plus).
Les experts-comptables exerçant dans les Hauts-de-Seine sont les plus nombreux à estimer que les effectifs salariés de leurs entreprises clientes vont augmenter au cours du semestre à venir (22%), tout comme les chefs d'entreprise de plus de 5 salariés (24%), et de 1 à 5 salariés (20%).
Les experts-comptables n'anticipent pas d'évolution quant à la trésorerie de leurs entreprises clientes (62% prévoient un maintien de la trésorerie) ni même quant aux délais de paiement (65% prévoient leur maintien), tandis que les chefs d'entreprise sont plus nombreux à prévoir une amélioration de leur trésorerie (26% contre 19% à l'automne 2006, soit 7 points de plus).
Les trois quarts des chefs d'entreprise prévoient par ailleurs un maintien des délais de paiement de leurs clients (75% contre 70% à l'automne 2006) et sont donc nettement moins nombreux à craindre leur dégradation (8% contre 20% lors de la précédente vague).
34% des experts-comptables exerçant dans la petite couronne de la région Ile-de-France prévoient une dégradation de la trésorerie de leurs entreprises clientes. Les chefs d'entreprise les plus pessimistes sont situés dans le Val-de-Marne (27% anticipent une dégradation de leur trésorerie et 26% des délais de paiement des clients) et dans le secteur de l'industrie (19%). On notera également que 18% des chefs d'entreprise situés dans le Val-d'Oise prévoient une dégradation des délais de paiement des clients.
A l'inverse, 42% des chefs d'entreprise de Seine-Saint-Denis, 34% de leurs homologues des Hauts-de-Seine et 35 % de ceux du secteur construction pensent que leur trésorerie va s'améliorer, et 17% des chefs d'entreprise employant plus de 5 salariés anticipent une amélioration des délais de paiement des clients.
Les experts-comptables et les chefs d'entreprise sont nettement plus nombreux à ne pas prévoir d'augmentation des rémunérations des salariés au cours du semestre à venir (plus d'un expert-comptable sur deux, soit 8 points de plus que lors du baromètre précédent, et 88% des chefs d'entreprise, soit 19 points de plus).
Des prévisions notamment partagées par les experts-comptables exerçant dans les Yvelines (59%) et 90% des chefs d'entreprise de la petite couronne.
Néanmoins, les chefs d'entreprise de plus de 5 salariés (26%) sont les plus nombreux à prévoir des augmentations, et ce, de manière volontaire.
Si plus d'un expert-comptable sur deux et 77% des chefs d'entreprise restent confiants au regard de la situation économique des entreprises, ce niveau de confiance tend à rester stable (respectivement 52% contre 54% à l'automne 2006, et 77% contre 78%).
Les chefs d'entreprise situés dans les Hauts-de-Seine (91%), dans le secteur construction (89%) et employant plus de 5 salariés (85%) sont les plus confiants au regard de la situation économique de leur secteur.
A l'inverse, leurs homologues du Val-d'Oise (39%), du Val-de-Marne (38%), ou de la Seine-et-Marne (38%) se montrent les plus pessimistes.
Partie II : La perception de la situation économique et sociale
En tendance, le climat social reste perçu comme défavorable aux affaires, notamment pour les experts-comptables (78% estiment qu'il est plutôt de nature à défavoriser l'activité économique) et 63% des chefs d'entreprise. Toutefois, le nombre d'optimistes progresse de 24 points.
Les experts-comptables exerçant dans les Yvelines sont les plus nombreux à estimer que le climat social actuel et à venir est plutôt de nature à favoriser l'activité économique (31%).
Un optimisme partagé par un chef d'entreprise sur deux dans la petite couronne (et notamment 64% des chefs d'entreprise situés dans les Hauts-de-Seine) et 54% des chefs d'entreprise employant plus de 5 salariés.
A l'inverse, les chefs d'entreprise du secteur de l'industrie et les trois quarts de leurs homologues situés en Seine-et-Marne appréhendent de manière négative l'impact du climat social sur l'activité économique (respectivement 72% et 75% considèrent qu'il est plutôt de nature à défavoriser l'activité économique).
Des chiffres qui montrent que la situation locale est déterminante dans l'appréciation du climat social pour les chefs d'entreprise.
Les chefs d'entreprise rejoignent de manière significative la perception des experts-comptables quant au personnel adapté pour cette cinquième édition du baromètre.
En effet, si 35% des chefs d'entreprise estimaient que le personnel adapté aux besoins des entreprises de leur secteur était insuffisant lors de la précédente vague, la proportion est de 44% aujourd'hui, soit une progression de 9 points.
Le personnel adapté aux besoins est jugé insuffisant dans les Yvelines (63% des experts-comptables et 54% des chefs d'entreprise), dans les Hauts-de-Seine (60% des experts-comptables) et en Seine-Saint-Denis (57% des chefs d'entreprise). Les chefs d'entreprise du secteur de l'industrie sont les plus sévères (67% déclarent qu'il est insuffisant).
En revanche, le personnel apparaît davantage en adéquation à Paris (48% des experts-comptables), dans le secteur du commerce (60% des chefs d'entreprise) et dans les entreprises de plus de 6 salariés (54% des chefs d'entreprise).
Malgré leur appréhension positive quant à l'embauche de personnel qualifié lors des précédents baromètres, les experts-comptables sont nettement plus nombreux à affirmer désormais que, même si leurs entreprises clientes trouvaient du personnel qualifié, elles n'embaucheraient pas (38% contre 29% à l'automne 2006, soit 9 points de plus). La perception des experts-comptables rejoint ainsi celle des chefs d'entreprise.
Les chefs d'entreprise des Yvelines (81%) et du Val-d'Oise (81%) sont les plus nombreux à déclarer que s'ils trouvaient du personnel qualifié, ils ne seraient pas pour autant prêts à embaucher, alors que leurs homologues employant plus de 5 salariés (60%) et, dans une moindre mesure, ceux du secteur construction (48%) pensent le contraire.
Partie III : Questions d'actualité
Pour la majorité des experts-comptables (57%) et des chefs d'entreprise (59%), la question du développement des PME n'est pas suffisamment présente dans le débat présidentiel.
Les experts-comptables exerçant dans la grande couronne sont les plus nombreux à partager ce constat (65%, notamment dans les Yvelines), tout comme les chefs d'entreprise du Val-d'Oise (73%), de Seine-Saint-Denis (66%), de l'Essonne (64%) mais également leurs homologues employant de 1 à 5 salariés (66%) et ceux du secteur des services (65%).
41% des chefs d'entreprise du secteur commerce considèrent, quant à eux, que si la question du développement des PME est présente dans le débat présidentiel, elle ne l'est pas assez.
Sur l'ensemble des mesures des candidats à la présidentielle concernant le développement des PME, les experts-comptables se montrent les plus intéressés quant à la suspension pendant deux ans de l'application des différents seuils pour permettre aux PME de grandir (87%). Les chefs d'entreprise privilégient quant à eux l'exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires pour les entreprises nouvelles (90%) et la réservation d'une part des marchés publics aux PME (87%).
En revanche, le conditionnement des aides publiques à l'engagement de ne pas licencier quand l'entreprise dégage des profits substantiels et l'obtention du remboursement en cas de délocalisation suscitent moins d'adhésion (69% des experts-comptables et 79% des chefs d'entreprise favorables).
Un quart des experts-comptables de la grande couronne se déclare plutôt opposé à la réservation des marchés publics aux PME. Les chefs d'entreprise situés dans les Yvelines (20%) et dans le Val d'Oise (18%) sont les plus nombreux à partager cette opinion.
En revanche, les chefs d'entreprise du secteur de l'industrie (92%), ceux qui emploient 1 à 5 salariés (93%), et ceux qui sont situés en Seine-et-Marne (96%) se montrent les plus favorables à cette mesure.
Les experts-comptables exerçant dans les Yvelines sont les plus nombreux à se déclarer favorables à la suspension pendant deux ans des différents seuils (93%), alors qu'un quart des chefs d'entreprise du secteur construction s'y déclare opposé. De la même manière, on notera que 20% des chefs d'entreprise des Yvelines et 18% de ceux de l'industrie se montrent opposés à l'exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires.
Ces derniers, les plus concernés, sont également les plus réticents quant au conditionnement des aides publiques à l'engagement de ne pas licencier quand l'entreprise dégage des profits substantiels et quant à l'obtention du remboursement en cas de délocalisation (29% des chefs d'entreprise du secteur industrie se déclarent opposés).
Alors que 81% des chefs d'entreprise se déclarent favorables à la mesure conditionnant la fiscalité des entreprises à leurs investissements, 42% des experts-comptables s'y montrent opposés. De la même manière, ces derniers se montrent moins enthousiastes quant au conditionnement de l'impôt à la mise en place d'un régime de participation (68% de favorables contre 74% des chefs d'entreprise).
Les experts-comptables exerçant à Paris sont les plus réticents quant à la première mesure (48%), alors que 95% des chefs d'entreprise du département de Seine-Saint-Denis et 91% de ceux de l'industrie se déclarent favorables.
De même, on notera que 85% des chefs d'entreprise employant de 1 à 5 salariés plébiscitent la création d'un impôt conditionné à la mise en place d'un régime de participation.
85% des experts-comptables se déclarent opposés à l'augmentation du SMIC à 1500 euros. Si 56% des chefs d'entreprise s'y déclarent favorables, notamment à Paris (68%), cette mesure fait partie, avec la suppression du CNE (51% des chefs d'entreprise et 29% seulement des experts-comptables favorables), de celles qui recueillent le moins d'adhésion.
Les chefs d'entreprise les plus hostiles à la suppression du CNE et à la réaffirmation de la primauté du CDI sont situés dans les Hauts-de-Seine (59% se déclarent plutôt opposés), et en Seine-et-Marne (58%).
En revanche, 79% des experts-comptables et 88% des chefs d'entreprise adhèrent à la création de deux nouveaux emplois sans charges pendant 5 ans, notamment les chefs d'entreprise situés dans la petite couronne (94%, et plus particulièrement en Seine-Saint-Denis, 100%).
Par ailleurs, on notera que la mise en place du CDI universel à droits progressifs ne recueille que 58% d'opinion favorables auprès des chefs d'entreprise.
57% des chefs d'entreprise situés dans le Val-de-Marne, 55% de leurs homologues des Hauts-de-Seine, et enfin 52% des chefs d'entreprise de Seine-et-Marne se déclarent d'ailleurs opposés à cette mesure, tout comme 45% des experts-comptables de la grande couronne.
Néanmoins, on notera que 90% des chefs d'entreprise de 0 salarié et 89% de leurs homologues de la petite couronne se montrent favorables à la mise en place du statut mixte (pour partie salarié, pour partie travailleur indépendant) pour les individus qui le souhaitent.
Les experts-comptables sont quant à eux sceptiques quant à la réservation de la politique d'allègements des charges sociales aux branches professionnelles qui feraient évoluer leurs grilles de salaires (66% se déclarent opposés), quant à la modulation des exonérations de cotisations sociales en fonction de la nature des contrats de travail (64% se déclarent opposés), et quant à la majoration des heures supplémentaires de 35% avec réduction des cotisations sociales en proportion (55% sont opposés).
En revanche, 76% des experts-comptables (contre 69% au global) exerçant dans les Hauts-de-Seine se montrent favorables à l'exonération des heures supplémentaires de charges sociales et fiscales.
Une exonération particulièrement souhaitée par les chefs d'entreprise de l'industrie (86%), tandis que ceux de la petite couronne, et employant plus de 5 salariés sont les plus nombreux à se prononcer à la fois en faveur de l'exonération des heures supplémentaires de charges sociales et fiscales (respectivement 86% et 85%), et de la modulation des exonérations de cotisations sociales en fonction de la nature des contrats de travail (respectivement 73% et 71%).
Les chefs d'entreprise situés en Seine-Saint-Denis sont par ailleurs les plus nombreux (86%) à se montrer favorables à la majoration des heures supplémentaires de 35%, avec en contrepartie, une réduction des cotisations sociales en proportion.
De la même manière, 94% de leurs homologues du Val-d'Oise, 91% de ceux des Hauts-de-Seine, et 91% des chefs d'entreprise du secteur construction, se déclarent favorables à la politique d'allègement des charges sociales aux branches professionnelles qui font évoluer leurs grilles de salaires.
Enfin, on notera que près d'un chef d'entreprise sur deux dans le secteur construction (49%) se déclare opposé au transfert des charges sociales vers d'autres bases que le travail, tout comme les chefs d'entreprise du Val-d'Oise (39%) et employant de 1 à 5 salariés (35%).
De la même manière, les chefs d'entreprise situés à Paris sont les plus nombreux (29%) à se montrer opposés à la limitation des allègements de charges sociales lorsque les entreprises qui en bénéficient ont des profits excessifs par rapport aux augmentations de salaires consenties aux salariés.
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