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Formation professionnelle : visez la qualité !


Interview réalisée par entreprise-et-droit.com

Le visage de la formation professionnelle a considérablement changé ces dernières années : congé individuel de formation (CIF), droit individuel à la formation (DIF), validation des acquis de l'expérience (VAE)… Une dynamisation de l'offre qui a entraîné l'émergence de nombreuses entreprises de formation professionnelle.

Emmanuel Fayad, cofondateur de Formation & Vision, présente sa perception de la formation professionnelle et les enjeux de ce secteur.

Entreprise-et-droit : Dans le monde professionnel, on entend beaucoup parler de formation continue, de DIF, de CIF. Mais au fond, qu'est-ce que la formation professionnelle ? Qu'apporte-t-elle à une entreprise ?

Emmanuel Fayad : La formation professionnelle, comme son nom l'indique, sert à former les salariés ! La taille de l'entreprise n'a pas d'importance.

Deux aspects se cumulent : un aspect administratif, tout d'abord, qui est traduit par l'obligation légale qu'a toute entreprise de cotiser une partie de sa masse salariale auprès d'un organisme collecteur dans le cadre de la formation professionnelle. Ensuite, il y a l'aspect managérial que les entreprises considèrent insuffisamment : former leurs collaborateurs pour leur permettre de s'améliorer et, du coup, de devenir plus efficaces, plus productifs et plus motivés.

Malheureusement, beaucoup d'entreprises perçoivent la formation professionnelle comme une contrainte légale et non comme un outil de management.

EetD : Comment se passe le financement d'une formation pour un salarié ?

E. F. : Avant tout, il faut avoir à l'esprit que la plupart des entreprises ne forment pas leurs salariés au-delà du budget de formation obligatoire. Dans les faits, les entreprises versent auprès de leur OPCA1 une somme d'argent. En fonction de cette somme, de la taille de votre entreprise et de l'OPCA dont vous dépendez, vous avez droit à un budget x de formation qui sera financé par l'organisme collecteur dont vous relevez.

Ce système est mutualisé : toutes les entreprises payent mais toutes les entreprises ne demandent pas de formation. En réalité, quand vous demandez vous touchez plus que ce vous payez puisque moins de 50 % des entreprises réclament ce à quoi elles ont droit.

EetD : Puisque toutes les entreprises cotisent, toutes ont droit de former leurs salariés. Chacun devrait donc bénéficier de formations au cours de sa carrière ?

E. F. : Tout à fait. Tous les salariés y ont droit mais aussi les chefs d'entreprise qui dépendent d'un OPCA particulier. Il en est de même pour les professions libérales, les avocats…

Chaque employeur perçoit en fonction de la règle de gestion propre à son OPCA et des priorités de ce dernier. Par exemple, pour les avocats, ce sont évidemment les formations juridiques qui sont privilégiées. Ils n'auront, en revanche, droit qu'à 100 ou 200 euros par an pour les formations de langues, considérées comme plus accessoires dans l'exercice de leur profession. Or, 200 euros est une somme assez ridicule au regard du prix des formations, sachant qu'on ne s'améliore pas dans une langue après quelques heures de cours.

EetD : Passons maintenant de l'autre côté de la barrière pour nous intéresser aux entreprises formatrices. Pour vous, qu'est-ce que cela représente d'être une entreprise formatrice ? Dans quelle optique avez-vous créé votre entreprise ?

E. F. : Notre philosophie, comme tout entrepreneur, fut de créer une activité qui se développe et qui rapporte de l'argent, ce qui est une lapalissade en soi. Et comme former était -et est toujours- une de nos passions et qu'il existait un vrai marché, nous avons choisi de nous y investir.

Nous avons alors monté Formation & Vision. Certes, il existe une flopée d'organismes de formation en France mais la plupart ne visent que le monde de la grande entreprise. Notre positionnement est, premièrement, la proximité (Paris et la petite couronne), deuxièmement les TPE, PME et commerçants et, troisièmement, la concentration sur deux matières qui sont l'anglais et la bureautique.

EetD : Comment asseoir sa réputation ? Existe-t-il des agréments d'Etat ?

E. F. : Pour que la formation entre dans le budget alloué à l'entreprise, il faut que l'entreprise formatrice ait un numéro d'agrément. Il s'obtient en remplissant un dossier lors de la création puis un autre annuellement avec le nombre d'heures de formation réalisées dans l'année. C'est la seule contrainte légale, aucune exigence de compétence n'est demandée en soi.

EetD : Et pour ce qui est de la réputation des formations données, comment la vérifier ?

E. F. : Il y a un peu de bouche-à-oreille : nous avons des clients qui nous en adressent d'autres. La fidélité compte aussi : Formation & Vision existe depuis trois ans et certains de nos clients viennent depuis le début. La grande majorité nous sont fidèles et nous confient leur budget formation d'une année sur l'autre.

Ils apprécient le fait que nous privilégions la qualité. Faire du volume n'est pas notre motivation. Vous avez des centres qui font des cours de bureautiques avec 10/12 élèves. Nous avons choisi de ne jamais dépasser le nombre de 5. Alors c'est vrai que nous faisons moins de chiffre d'affaires et que nous sommes légèrement plus chers que les autres mais nous préfèrons jouer sur la qualité. Nous sommes fiers de nous dire que si les gens reviennent, c'est qu'ils apprécient nos méthodes de travail.

Par ailleurs, nous avons décidé d'embaucher un commercial. Il est actuellement en formation chez Négocia. Il aura comme objectif de faire de la prospection, essentiellement de proximité. Prenez les commerçants, ils payent mais ne savent pas forcément ce à quoi ils ont droit. Nous allons donc les informer et leur proposer des formations ad hoc. Dans notre clinetèle, nous avons par exemple un salon de coiffure dont nous formons le personnel depuis 3 ans

EetD : Il y a un vrai besoin de formation chez ces petits entrepreneurs ?

E. F. : Bien sûr. Par exemple, il est quasi impossible de se passer aujourd'hui de la bureautique lorsque l'on gère un commerce au quotidien. De même, l'anglais est incontournable dans la ville leader du tourisme international.

 

1. Organisme paritaire collecteur agréé. (retour)


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