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Devenir auto-entrepreneur : 7 conseils indispensables

juin 2009
Rencontre avec Caroline Kovarsky, auto-entrepreneur

L’auto-entrepreneur est à l’origine du formidable bond en avant de la création d’entreprise que la France a connu début 2009. Ce nouveau statut, présenté comme souple, adaptable et exempt de formalités lourdes et rébarbatives, a désormais passé avec succès le test des premiers mois d’exercice.

Rien de tel donc avant de se lancer dans l’aventure que de profiter de l’expérience d’un auto-entrepreneur déjà en activité. Caroline Kovarsky a assuré pendant toute une mandature les fonctions d’adjointe au Maire chargée de la petite enfance et des affaires scolaires. Elle a ensuite décidé de mettre à profit ses qualifications et connaissances pour devenir auto-entrepreneur. Elle livre ses 7 conseils indispensables.

1) Définir ses motivations et ses attentes

Comme toute aventure entrepreneuriale, il faut avant de commencer la moindre démarche administrative connaître ses motivations et ses attentes : Pourquoi se « lancer dans les affaires » ? S’agit-il de mettre en pratique une idée originale ? De reprendre pied dans la vie professionnelle après une période d’inactivité ? De se mettre à son compte quand on ne trouve pas de travail ? De démarrer un projet tout en limitant les risques ? Il faut être sûr également du temps et de l’énergie que l’on veut y consacrer.

Or, le statut d’auto-entrepreneur correspond à des profils très différents. L’anecdote raconte, qu’au départ, il a été créé pour les particuliers qui vendaient sur les sites d’enchères en ligne sans s’enregistrer comme professionnels. Finalement, les personnes concernées sont beaucoup plus nombreuses. D’où l’incroyable succès selon moi de cette formule.

En ce qui me concerne, les réflexions sont nées après que j’ai quitté mon poste d’adjointe au Maire chargée de la petite enfance et des affaires scolaires. Je me suis retrouvée du jour au lendemain sans travail et sans indemnités. J’avais pour bagage une bonne connaissance de ces questions ainsi qu’une vraie propension à vouloir poursuivre dans ces domaines.

En revanche, je connais des auto-entrepreneurs dont la démarche est différente. Je pense à deux amies qui envisagent une telle activité comme un plus : elles ont la chance de ne pas avoir spécialement besoin de travailler - financièrement j’entends - mais cherchent un à-côté en complément de leurs rôles de mamans et de femmes au foyer. L'une fait de la décoration, l'autre de la mise en relation pour des cours de langues.


2) Mettre à profit son expérience personnelle et professionnelle

Avant de se lancer, il est nécessaire de faire le bilan de ses expériences, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Qu'est-ce-que mon activité passée m'a appris ? Quelles compétences puis-je mettre à profit ? Quels services puis-je apporter dans la vie économique ?

Une fois ce travail de réflexion effectué, les idées viennent souvent d'elles-mêmes. Elles peuvent également venir de rencontres ou de discussions avec des professionnels. Il ne reste plus qu'à faire le tri et à retenir le meilleur projet.


3) Dépasser les idées reçues

Lorsque je parle de ma nouvelle vie d’auto-entrepreneur, je suis surprise du nombre de personnes intéressées mais freinées par des préconçus négatifs. Par exemple, certains sont persuadés que des frais sont obligatoires, alors que ce n'est pas le cas (cela m’aurait d’ailleurs ennuyée de débourser quoi que ce soit avant même d'avoir encaissé mon premier centime). D’autres s’inquiètent de ne pas bénéficier du prélèvement libératoire car les revenus de leur foyer fiscal sont trop élevés. C'est vrai, mais le régime présente d'autres avantages, comme l’abattement de 50 % sur l'impôt sur le revenu.

Il faut aller au-delà des idées reçues et se renseigner précisément sur les modalités du régime d’auto-entrepreneur. Les réticences doivent être mises de côté ; ne pas le faire démontre sans doute un manque de motivation.


4) Accomplir les démarches avec sérénité

Les démarches pour devenir auto-entrepreneur sont très simples. Tout peut être fait à partir du site internet  ou auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE). Pour des activités classiques, c’est très clair et il n’y a aucun souci.

Dans mon cas, cela a été un petit peu plus compliqué. Après m'être inscrite sur internet, j'ai reçu un premier refus du CFE me disant qu'il fallait que je passe par l'URSSAF. Eux-mêmes ont refusé… Je suis retournée au CFE afin de mieux définir et libeller l'objet de mon activité. En fait, le libellé de l’activité n’est pas le plus important, l’essentiel est d’entrer dans une catégorie pour pouvoir démarrer et être inscrite.

Autre source d’interrogation me concernant, le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu : difficile de savoir si j’y avais droit ou non. J’ai eu pas moins de trois interlocuteurs différents avec chacun leur propre réponse et leur propre version ! C’est finalement une personne de l’INSEE qui a pu m’expliquer comment faire.

Malgré tous ces contretemps et atermoiements, mon inscription a pris moins d’un mois. En plus, j’ai effectué ces démarches au moment du lancement du régime d’auto-entrepreneur, je pense que les couacs du début sont résolus désormais. Et, quoi qu’il en soit, c’est toujours bien moins fastidieux que de créer une société.


5) Savoir se documenter et se former

Il est important de bien se documenter avant de lancer son projet, même si les risques sont minimes, afin de mettre toutes les chances de son côté. J’ai beaucoup lu, des articles de presse et des sites internet. J’ai également participé à des réunions et me suis rapprochée de mon CFE .

Je voudrais insister sur un point. Les formalités sont si simples à accomplir qu’il est possible d’être un peu perdu après la création. Il faut savoir s’entourer et ne pas considérer que tout est achevé après l’inscription, la formation doit être continue. Par exemple, j’ai réalisé au début de mon activité que je ne savais pas précisément comment libeller les factures. Il n’y a aucun encadrement et chacun doit se renseigner par ses propres moyens.


6) Organiser son temps de travail en toute liberté

Le régime d’auto-entrepreneur ne présente aucune contrainte organisationnelle et logistique. En fonction de ses disponibilités et du temps que l’on souhaite y consacrer, on aménage des périodes de travail.

La liberté, c’est précisément ce que j’apprécie. Il est possible de répondre au téléphone ou d’appeler quelqu’un et, entre-temps, d’aller faire des courses. Grâce à l’informatique, en particulier, on arrive à jongler. C’est vraiment l’indépendance totale. Je peux travailler le soir, quand j’ai un moment de libre… En cela, je pense que ce cadre peut plaire aux jeunes femmes.

Travaillant chez moi (sauf quand je suis en rendez-vous), les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle peuvent être floues. Je reçois des mails en continu. En fait, j’ai toujours en tête mon activité, dans tout ce que je fais. J’ai en permanence une brochure sur moi, je suis constamment à même d’en parler. Quand je vais à un dîner ou à un cocktail, mon métier de relationnel est omniprésent. En plus, j’essaie de réserver au moins deux ou trois après-midi par semaine pour me mettre au calme et travailler. Quoi qu’il en soit, ce qui est plaisant, c’est que ce n’est jamais pareil. Il peut y avoir une semaine très chargée, une autre plus libre.


7) Définir des objectifs à court et long terme

Il faut savoir ce que l’on attend précisément de son activité d’auto-entrepreneur, en sachant bien qu’il existe des plafonds. Pour les services, la limite est de 32 000 € : est-ce que cela entre bien dans ce que l’on souhaite gagner ? Est-il possible que l’activité envisagée génère un chiffre supérieur ? Mon activité est de purs services, ce qui ne nécessite pas d’investissement, aucun risque de perdre de l’argent. J’espère faire quelques belles opérations par an, ce qui me permettrait d’être dans la limite des 32 000 € annuels auxquels j’ai droit.

Il convient également de réfléchir à ce que l’on souhaite sur le long terme. Désire-t-on obtenir un emploi salarié ? Développer son entreprise ? Il peut être utile de regarder dès le début des statuts de sociétés plus importantes.


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