Aujourd’hui, personne ne songe pouvoir faire l’économie d’une telle étude, cela constituerait une faute de gestion impardonnable qui selon la jurisprudence pourrait justifier une condamnation à payer tout ou partie du passif en cas de procédure collective.
Mais l’analyse juridique, de même que le calcul des besoins en capitaux ne suffisent pas, d’autres questions doivent impérativement être posées et recevoir des réponses avant la création ou l’achat de l’entreprise. Par exemple :
" Quelles sont les prévisions sur l’avenir de l’activité ? "
" Est-ce que l’entreprise se situe sur un bon emplacement ? "
" Quels sont les projets d’urbanisme ? "
" Les locaux sont-ils conformes à ceux définis dans le bail ? "
" Est-ce que les règles concernant l’environnement ont été et seront respectées ? "
" Pour certains commerces, a-t-on consulté les services de l’hygiène ? "
Une activité peut avoir répondu positivement à la demande du marché depuis plusieurs années et pourtant être condamnée à court terme par un revirement brutal de celui-ci.
Ainsi, une mode qui change, une concurrence mondiale qui s’installe et le chiffre d’affaires subit une chute considérable très rapidement.
Penser que seules les entreprises d’une certaine importance sont concernées serait une erreur. L’artisan coutelier qui s’installerait à son compte aujourd’hui sans savoir qu’une concurrence insurmontable s’est instaurée dans les dernières années, si ce n’est les derniers mois, avec la coutellerie chinoise qui produit trois fois moins cher pour une qualité identique, s’engagerait sur une voie extrêmement dangereuse.
On sait de même que l’emplacement d’un commerce sur le mauvais trottoir de la meilleure avenue a pour conséquence un chiffre d’affaires très inférieur au bon trottoir. Et le mauvais, c’est une réalité que l’on constate à l’épreuve du temps : les chalands préfèrent le côté les plus ensoleillé, le plus facile d’accès, etc.
Concernant l’urbanisme, il est bien évident qu’il importe de savoir si une expropriation est prévue, un alignement pour élargir le trottoir ou la rue ou plus couramment d’importants travaux qui vont gêner le passage et le stationnement, de sorte que la clientèle se détournera pendant plusieurs mois.
En ce qui concerne le bail, le propriétaire peut obtenir sa résiliation s’il constate que le locataire a modifié les locaux sans son autorisation.
Ainsi, un cuisinier qui achète un fonds de commerce de restaurant reçoit, quelque mois plus tard, un commandement de remettre les lieux en conformité sous peine de résiliation du bail. Il découvre alors que son prédécesseur a agrandi la salle de restaurant en supprimant un couloir, quels que soient les accords ou l’issue de la procédure.
Certaines activités nécessitent de consulter les services de l’hygiène ou les pompiers avant toute installation . A défaut, c’est le risque d’apprendre, plusieurs mois après, que des travaux importants sont à effectuer dont le coût n’a pas été inscrit dans les comptes prévisionnels de sorte que le manque de trésorerie empêche de se mettre en conformité et que la fermeture de l’établissement est impérative.
Ce ne sont que des exemples parmi beaucoup d’autres.
La rédaction des actes, les conseils journaliers et les procédures dans l’intérêt des entreprises donnent une expérience particulière en tous ces domaines.