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L'information juridique et comptable de l'entreprise
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Les dernières mesures législatives pour aider les PME


Par Maître Jérôme PUJOL, Avocat à la Cour

Le législateur vient de mettre à jour son dispositif juridique en faveur des petites et moyennes entreprises pour favoriser leur création (I), le développement de leur activité (II et III) et les conditions de leur transmission (IV). Aperçu des principales dispositions adoptées.

L’Appui à la Création

  • Des entrepreneurs mieux formés

    Tout créateur, repreneur, commerçant, artisan et même le professionnel libéral peut bénéficier d’une formation professionnelle continue, en phase de démarrage, consacrée notamment à l’initiation à la comptabilité générale et à l’information sur l’environnement économique, juridique et social de l’entreprise.

    Ce temps de formation donne lieu à présent à un crédit d’impôt.

  • Des entreprises mieux financées

    Il est possible de donner, sous conditions, jusqu’à 30.000 euros, en exonération totale de droits, à un descendant, ou à défaut à un neveu ou une nièce, afin de souscrire au capital d’une PME ou d’acquérir des biens ou immeubles affectés à l’exploitation d’un fonds de commerce.
     
     
     


L’Aide au développement de l’entreprise

  • Une aide au financement ciblée

    Les PME-PMI, créées ou reprises depuis moins de 3 ans et soumises à l’impôt sur le revenu, ont la possibilité de constituer une provision pour investissement dans la limite annuelle de 5000 euros et pour un plafond global de 15.000 euros. Cette dotation devra être utilisée au plus tard dans les 5 ans.

    Sur un schéma identique, il est possible de constituer une provision pour dépense de mise en conformité en matière de sécurité alimentaire.
  • Un conjoint mieux protégé et mieux formé

    Désormais, le conjoint a l’obligation de choisir un des 3 statuts suivants : le conjoint collaborateur, le salarié ou associé.

    Le statut de salarié et celui de l’associé sont connus. Le conjoint collaborateur peut quant à lui désormais se constituer également des droits propres en matière d’assurance vieillesse.

    En outre, en cas de cessation d’activité du chef d’entreprise, son conjoint appelé à assurer la continuité de l’exploitation, dispose d’un délai de 3 ans pour valider la qualification professionnelle requise, notamment par la validation des acquis de son expérience. 
  • Le recours au contrat libéral pour le collaborateur de l’entreprise

    Le contrat de collaborateur libéral est désormais possible pour toute profession libérale à l’exception des professions d’officiers publics ou ministériels et des commissaires aux comptes et des administrateurs et mandataires judiciaires.

    Ainsi, en contrepartie de la perte du statut de salarié, le collaborateur libéral travaillera sans lien de subordination avec l’entreprise et pourra se constituer une clientèle personnelle. Le contrat libéral devra préciser notamment les conditions et les modalités de la fin du contrat, à l’exclusion de toute procédure de licenciement.
  • Le partage de salariés

    Les entreprises qui n’ont pas les moyens de recruter elle-même du personnel qualifié pourront recourir à des entreprises de travail à temps partagé.


L’amélioration des relations commerciales

  • Des Conditions Générales de Vente (CGV) plus complètes

    Les CGV doivent désormais obligatoirement contenir le barème de prix unitaire et les réductions de prix accessibles à l’acheteur.

    Si les CGV peuvent être différenciées selon les catégories d’acheteurs, c’est uniquement en fonction de critères précis comme notamment le chiffre d’affaires réalisé, la nature de la clientèle et le mode de distribution.
  • Le contrat de coopération commerciale strictement réglementé

    Sous peine d’amendes, ce contrat entre un distributeur et son fournisseur doit préciser le contenu des services et les modalités de leur rémunération. Il doit être établi par écrit avant le 15 février de chaque année ou dans les 2 mois qui suivent la passation de la 1ère commande.
  • Une meilleure transparence des ventes aux enchères inversées à distance

    Les ventes aux enchères inversées à distance sont nulles si l’organisateur n’a pas communiqué de façon transparente et non discriminatoire à l’ensemble des candidats, les conditions et les modalités d’achat, les critères de sélection, les règles de déroulement des enchères. Le candidat non sélectionné pourra demander à connaître l’identité du candidat retenu.
  • Une répression du travail illégal accentuée

    Parmi l’arsenal juridique mis en place, les aides publiques à l’emploi et à la formation professionnelle peuvent désormais être refusées à la personne physique qui se rend coupable de travail illégal.


La transmission et la reprise d’entreprises facilitées

  • La mise en place d’un tutorat en entreprise  

    Le cédant d’une entreprise assurant une prestation de tutorat auprès du cessionnaire bénéficiera d’une prime de transmission versée par l’Etat.
     
  • La possible location d’actions et de parts sociales

    En contrepartie du versement d’un loyer, le locataire perçoit les dividendes de l’entreprise et exerce les droits d’un usufruitier ; le propriétaire –bailleur des titres exerçant les droits d’un nu-propriétaire. Cette location de titres (qui peut conduire à une acquisition à l’issue du contrat) permet de ne pas mettre en place de garanties d’actifs et de passifs au profit de l’acquéreur constituant souvent un frein à la négociation.
  • Les donations d’entreprises moins coûteuses

    En matière de droit de donation ou de succession, l’abattement de 50% de la valeur l’entreprise est porté à 75% dans le cadre de la conclusion d’un pacte d’associés de conservation de titres. Ces dispositions sont élargies aux donations avec réserve d’usufruit.


[Loi n°2005-882 du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, JO n°179 du 3 août page 12639]


Cabinet PUJOL
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