Le mobbing : une nouvelle forme violente de harcèlement moral au travail

Mobbing : entre brimades, violence, intimidation, harcèlement moral…une nouvelle violence sur le lieu de travail. L’environnement professionnel devient hostile quand le fait d’endurer ces conduites néfastes devient une condition de maintien de l’emploi, ou quand ces comportements sont suffisamment graves et omniprésents pour créer une situation qui semblerait être intimidante, hostile ou abusive pour des personnes raisonnables.

Le mobbing : une nouvelle forme de violence et de harcèlement moral au travail

Le terme mobbing indique un ensemble de comportements agressifs, de nature psychophysique et verbale, exercés par un groupe de personnes envers d’autres sujets, spécifiquement sur le lieu de travail. Ce type de comportement a été étudié même en éthologie, il n’est donc pas rare, tant dans le monde animal que dans le monde humain, qu’un groupe, dans un même environnement, se rassemble pour mettre en difficulté une seule personne.

Le premier à parler de ce phénomène de harcèlement dans l’environnement de travail a été le psychologue allemand Leyman, qui l’a défini comme “une terreur psychologique constituée de messages hostiles et moralement incorrects, systématiquement dirigés par un ou plusieurs individus vers un seul individu, qui, en raison de la perpétuation de ces actions, est placé et maintenu dans une condition d’impuissance et d’incapacité à se défendre”. Les actions de mobbing au travail se produisent très fréquemment, au moins une fois par semaine, et pendant une longue période, au moins 6 mois. En raison de la fréquence et de la longue durée de la composante hostile, cette maltraitance produit un état de souffrance considérable sur le plan mental, psychosomatique et social”.

La vie professionnelle est rarement exempte de conflits. Mais tous les conflits ne peuvent être qualifiés de “mobbing”. On ne parle généralement de mobbing que lorsque les attaques ont lieu depuis au moins six mois et au moins une fois par semaine. L’exclusion, l’injustice, la fausse évaluation des performances professionnelles, autant d’exemples de mobbing au travail. Le mobbing peut être d’une extrême violence.

 

Harcèlement moral : les différentes caractéristiques du mobbing

Le conflit au quotidien, une violence latente au travail

Presque physiologique s’il est résolu dans l’œuf, il s’agit en fait des manifestations normales qui s’expriment par des querelles, des compétitions, etc. Mais s’il est latent et donc non exprimé ouvertement, il devient du mobbing au moins six mois.

La stigmatisation

C’est la phase de terreur psychologique pendant laquelle les manifestations deviennent quotidiennes et le caractère d’intentionnalité des actes apparaît clairement, c’est la phase dans laquelle les rôles sont définis : la victime, le mobber et les spectateurs. C’est le moment des erreurs de l’administration du personnel, qui cherche des explications sur la personne harcelée, qui à ce stade a commencé à présenter des symptômes et des malaises, et non sur les facteurs externes qui ont pu conduire à la phase de persécution.

L’éloignement du monde du travail

C’est la phase où l’objectif est atteint, c’est-à-dire l’éloignement définitif de la victime de son travail, soit par démission ou licenciement, soit, comme cela arrive dans les cas les plus graves, par suicide. Dans cette phase, il y a aussi de longues périodes de maladie, dues à l’aggravation des symptômes déjà développés dans la période précédente.

Mobbing horizontal et vertical

  • horizontal, entre collègues de même rang, dans lequel la victime est isolée et détruite au travail et en privé
  • vertical, harcèlement exercé par un leader, un supérieur, dans le cas d’une entreprise entière, défini comme du “bossing” et exercé dans le but planifié d’inciter l’employé à démissionner

Le mobbing sexuel

Tristement connu, surtout aujourd’hui, le mobbing sexuel au travail, qui représente un type particulier de comportement de harcèlement dans lequel la stratégie utilisée est sexuellement motivée. Il faut être très prudent en distinguant le mobbing sexuel du harcèlement sexuel, dans ce cas, en effet, l’individu n’est pas mû exclusivement par le désir sexuel envers l’autre, souvent une femme, mais utilise des stratégies à arrière-plan sexuel pour l’écarter de l’environnement de travail.

Être victime de mobbing, une violence morale destructrice

Plusieurs recherches affirment qu’il n’y a pas de catégorie de travailleurs plus à risque d’être victime, n’importe qui peut être la cible d’attaques de mobbing. Il existe en effet des facteurs qui favorisent le phénomène, comme le fait d’être trop passif ou trop agressif dans les relations. Sous cet aspect, les excès, dans les deux sens du terme, peuvent être à risque, de sorte qu’une victime potentielle pourrait être le collègue servile qui veut toujours faire plaisir au patron, ou celui qui s’entend avec tout le monde et qui peut déclencher l’envie des autres. Il est donc difficile d’esquisser le véritable profil d’une victime de mobbing, beaucoup dépend aussi de la dynamique de l’environnement et des caractéristiques de l’individu avec lequel on entre en contact.

En fonction de leur personnalité, les victimes tentent de s’adapter, de se défendre ou de se laisser envahir. Mais il arrive souvent que la réaction de la victime renforce les activités des tyrans. Une fois que cela se produit, un cycle sinistre commence souvent : l’idée même qu’ils soient la cible d’une destruction déstabilise complètement de nombreuses personnes. Ils ne peuvent pas expliquer l’agressivité de leur collègue et commencent à douter d’eux-mêmes.

De graves conséquences pour la santé, le corps et l’esprit

  • Les attaques constantes contre la personnalité créent un stress permanent chez la victime.
  • La victime se sent humiliée et dévalorisée par la terreur.
  • Son besoin de sécurité et de reconnaissance est constamment mis à mal.
  • Au début, cela ronge la confiance en soi. Plus tard, cela affecte la santé.
  • Dans un premier temps, les brimades de mobbing entraînent des troubles psychosomatiques tels que des troubles gastriques et intestinaux chez de nombreuses personnes concernées.
  • Ce phénomène est généralement suivi de difficultés à s’endormir et à dormir toute la nuit. Les victimes de harcèlement se réveillent la nuit, ruminent pendant des heures et se tourmentent avec leurs problèmes au travail.
  • Pendant la journée, ils sont fatigués, apathiques et ont des difficultés à se concentrer.
  • L’humeur se dégrade de plus en plus, les victimes d’intimidation se sentent déprimées et sont désespérées.
  • De nombreuses personnes concernées souffrent donc également de dépression et de grande détresse morale.

Mobbing : où les brimades se développent-elles ?

  • Le risque d’être victime d’un harcèlement au travail de type mobbing est le plus élevé au début (jusqu’à 25 ans) et à la fin d’une carrière professionnelle (plus de 55 ans).
  • Les personnes en début de carrière sont particulièrement exposées au mobbing.
  • Les nouveaux et jeunes employés sont soumis à une forte pression pour s’adapter et n’ont pas encore trouvé de défenseurs parmi leurs collègues.
  • Les suppressions d’emplois, le chômage, le marché et la concurrence ont un impact sur le lieu de travail.
  • La pression des performances est de plus en plus forte.
  • Des structures organisationnelles rigides (hiérarchie), des conditions de travail inadéquates ou une mauvaise ambiance de travail rendent la vie professionnelle plus difficile.
  • La mentalité de coude, le carriérisme, le manque d’estime de soi, l’hypersensibilité ou la réaction excessive, et les problèmes en dehors du travail peuvent provoquer des brimades.

Victime de mobbing : agir vite et efficacement

Au plus tard lorsque des troubles de la santé sont apparus, la victime de harcèlement moral au travail doit consulter un médecin, éventuellement prendre un congé de maladie, afin de reconsidérer sa situation sans pression et de prendre les mesures appropriées.

  • Le spectre va des médicaments contre l’anxiété et du traitement médicamenteux des troubles du sommeil à la thérapie comportementale et à la psychothérapie fondée sur la psychologie des profondeurs.
  • L’objectif de ces thérapies est de renforcer l’estime de soi.
  • Les personnes concernées ne doivent pas attendre trop longtemps et espérer que la terreur psychologique s’arrête d’elle-même.
  • Il est également important d’entrer en contact avec des personnes qui pourraient vous aider, qui ont peut-être vécu des expériences similaires.
  • Ne vous mettez pas à l’écart, construisez des réseaux sociaux au travail avec vos collègues.
  • Aiguiser la sensibilité pour les autres et reconnaître et gérer ses propres problèmes et conflits. Renforcez votre propre “moi”.
  • Abordez les problèmes (tout de suite) et n’essayez pas de les régler seul.
  • Contribuez à la désescalade afin de ne pas tomber dans le piège de l’intimidation.

Mobbing et préjudice existentiel : peut-on se tourner vers un psychologue juridique ?

Violence du mobbing : santé et qualité de vie affectées

Le dommage dû à un préjudice existentiel indique un dommage qui envisage une détérioration de la qualité de vie, qui ne peut être rattachée à la santé psycho-physique mais plutôt aux valeurs de l’existence de la partie lésée. En d’autres termes, il s’agit de la compromission, à la suite d’un événement traumatique particulier, des activités qui composent la personnalité de l’individu, de ses occasions heureuses, de sa vie quotidienne.

Le dommage causé par le mobbing est de nature existentielle, il affecte la qualité de vie de la victime et n’a rien à voir avec le concept différent de dommage biologique causé par le mobbing, qui se réfère plutôt à l’atteinte à la santé, qui est spécifiquement évaluée par des experts médico-légaux.

Un harcèlement moral qui peut détruire sa cible…

Au contraire, ce qui découle toujours d’une situation de mobbing est la modification de la réalité concrète de la victime, découlant du conditionnement et des compressions déclenchées par le stress provoqué par le comportement illicite subi. La victime dénoncera certainement un dommage psychique qu’il faudra ensuite prouver par des consultations spécialisées qui viseront à analyser les troubles dont elle se plaint, le contexte de travail, le lien de causalité, les responsabilités, l’exclusion de la simulation, etc. Le Code du Travail peut vous protéger en cas de harcèlement.

Pour procéder à une évaluation dans ce sens, il sera certainement indispensable de s’adresser à un psychologue juridique qui pourra, également à travers l’utilisation de tests, ainsi que d’interviews, être en mesure de certifier que la vie du sujet a changé sous les aspects soulignés et pourra également diagnostiquer une éventuelle pathologie apparue suite au mobbing subi.